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Santé : Lombalgie non spécifique

La lombalgie se définie par des douleurs se situant au niveau des lombaires (dans le bas du dos). Elle est répandue dans le monde entier et sa prévalence dans la population est élevée. C’est un symptôme répandu : 4 personnes sur 5 souffriront de lombalgie au cours de leur vie.

En fonction de son évolution dans le temps, la lombalgie est dite :

  • Aigüe, lorsqu’elle évolue jusqu’à 6 semaines
  • Subaigüe, jusqu’à 12 semaines
  • Chronique, au-delà de 12 semaines

L’origine des lombalgies est mal connue et on peut les classer en 3 catégories :

  • La lombalgie non spécifique ou mécanique qui est majoritaire
  • Lombalgie potentiellement associée à une radiculopathie (pathologie liée à la compression d’une racine nerveuse) ou une sténose vertébrale (rétrécissement du canal rachidien qui cause de l’irritation à la moelle épinière ou aux racines des nerfs qui partent de la moelle épinière)
  • Lombalgie potentiellement associée à une autre cause rachidienne spécifique

La lombalgie non spécifique provient intrinsèquement de la colonne vertébrale, des disques intervertébraux ou des tissus mous environnants.  

Il existe des facteurs prédisposant tels que la nature et la sévérité du travail physique, les cas de traumatismes répétés, le mode de vie comme les personnes qui passent beaucoup de temps en position assise (chaise de bureau et/ou canapé), l’inactivité, l’obésité, la grossesse chez les femmes.

De plus, d’autres aspects tels que les conditions de vie et les facteurs psychologiques peuvent également être considérés comme des facteurs de risque indépendants pour le développement de la lombalgie

Diagnostic et traitement

Le diagnostic est complexe, il permet d’écarter les pathologies graves ou drapeaux rouges. Parmi ces pathologies graves on peut citer le cancer, la compression de la moelle, la fracture vertébrale, l’infection vertébrale et la pathologie vasculaire. En cas de suspicion il faut réorienter vers le médecin traitant. L’imagerie est nécessaire pour enlever le doute sur ces pathologies graves, dans le cas contraire si la lombalgie est non spécifique l’imagerie n’est pas pertinente.

La prise en charge de la lombalgie est pluridisciplinaire.

Lorsque des médicaments sont utilisés pour un traitement symptomatique, les patients doivent être traités avec le médicament le plus approprié à la dose la plus faible possible et pendant une durée aussi courte que possible. Un médecin doit être en charge de l’ensemble du processus de soins.

L’activité physique adaptée est le traitement principal. Elle permet une évolution favorable de la lombalgie et limite les récidives.

Une rééducation active par kinésithérapie est conseillée une fois les pathologies graves écartées. Le kinésithérapeute doit effectuer un interrogatoire ciblé et un examen physique pour classer les patients souffrant de lombalgie. Il possède un large panel d’outils dont la méthode Mckenzie (principe de traitement qui se compose d’une évaluation de la situation d’un patient, d’un diagnostic et d’un plan de traitement) et la thérapie manuelle. Dans le cas de la lombalgie aigüe tout doit être mis en œuvre pour éviter qu’elle soit chronique.

En l’absence d’amélioration, une prise en charge multidisciplinaire incluant un médecin spécialiste du rachis est nécessaire.

Conclusion

Le patient doit être bien informé tout au long de sa maladie et doit être encouragé à adopter un mode de vie sain notamment une activité physique régulière, notre meilleure chance pour éviter les récidives. L’exercice en combinaison avec les interventions éducatives est efficace dans la prévention de la lombalgie.

La lombalgie non spécifique est la cause la plus importante de la limitation des activités individuelles. Bien qu’il existe de nombreux traitements pour la lombalgie non spécifique, la plupart ont peu de preuves de bénéfice. L’exercice thérapeutique est une intervention conservatrice courante utilisée par les cliniciens pour diminuer la douleur, améliorer l’invalidité et restaurer la fonction musculaire.

Quelques recommandations 

  • Passer le moins de temps assis
  • Avoir une bonne posture en position assise
  • Garder une activité physique régulière
  • Plier les genoux pour ramasser un objet au sol
  • Garder le dos droit pour soulever de la charge
  • Consulter son médecin et son kinésithérapeute en cas de douleur au dos
Vincent Mansour SYLLA – Kinésithérapeute du Sport