magazine N°12

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Santé : L’arthrose

L’arthrose est une maladie articulaire dégénérative et progressive conduisant à la destruction du cartilage. Elle est l’une des principales causes d’invalidité chez les personnes âgées. Les genoux et les hanches sont les plus fréquemment touchés, l’arthrose touche également les autres articulations comme les mains, les épaules, la colonne vertébrale.

Le cartilage est composé par un ensemble de cellules, les chondrocytes et d’une substance fondamentale qui elle est constituée de protéoglycanes et de collagènes de type 2.

Le cartilage n’est pas innervé, de ce fait une longue période asymptomatique est observée dans l’arthrose débutante qui touche uniquement le cartilage. Les douleurs apparaissent avec l’atteinte osseuse sous chondrale car l’os est richement innervé.

Les facteurs de risque d’arthrose :

1- L’âge : l’arthrose évolue avec l’avancé en âge. Les personnes âgées sont plus fortement touchées. On observe un taux de 30% d’arthrose chez les sujets de 45 ans, ce taux augmente à 65% chez les sujets de 65 ans et un taux d’arthrose s’élevant à 80% chez les sujets de 80 ans.

2- Le sexe : les femmes sont plus touchées surtout après la ménopause

3- Les problèmes métaboliques comme le diabète et l’obésité

4- Les troubles de l’axe comme les varus/valgus de genou qui favorisent la survenue précoce de l’arthrose

5- Les déformations post-traumatiques

6- Les pathologies comme la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite ankylosante

7- L’hérédité

L’arthrose est-elle grave ?

Tout dépend du stade où l’on se trouve. Selon la classification de Kellgren et Lawrence on note 5 stades d’évolutions de l’arthrose :

Grade 0 indique qu’il n’y a aucun signe d’arthrose (vert) ; 

Grade 1 indique la possibilité d’un rétrécissement de l’interligne articulaire (orange) et d’une formation d’ostéophytes (bleu) ; 

Grade 2 indique une formation définitive d’ostéophytes et un éventuel rétrécissement de l’interligne articulaire ; 

Grade 3 indique des ostéophytes multiples, un rétrécissement défini de l’espace articulaire, une sclérose (violet) et éventuellement une déformation osseuse (rose) ; 

Grade 4 indique un stade terminal d’arthrose, marqué par une sclérose sévère, un rétrécissement de l’espace articulaire (parfois un contact os contre os) et de gros ostéophytes.

Les conséquences si un traitement précoce n’est pas mis en place sont une augmentation de la douleur, une diminution des amplitudes articulaires, une baisse de l’autonomie et une altération de la qualité de vie.

L’imagerie

La radiographie est insuffisante dans les formes débutantes, l’IRM est nécessaire pour visualiser des lésions focales du cartilage.

Dans les formes sévères de l’arthrose la radiographie peut permettre de détecter les pincements de l’interligne articulaire, la condensation osseuse sous-chondrale, les ostéophytoses et les géodes.

Les traitements :

Médicamenteux : les antalgiques, les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont efficaces pour diminuer la douleur. Il existe aussi des médicaments chondroprotecteurs qui permettent d’entretenir le reste du cartilage. Dans les cas un peu plus sévères l’infiltration (corticoïdes, acide hyaluronique) est nécessaire.

Chirurgical : la chirurgie peut être nécessaire dans les stades intermédiaires à avancés (exemple grades 3-4 comportant des déformations osseuses). L’ostéotomie de réalignement du membre (valgisation/varisation)  pourrait ralentir l’évolution de l’arthrose et diminuer la douleur chez les patients ayant un trouble de l’axe du membre. Un remplacement de l’articulation par une prothèse peut aussi être nécessaire, PTG ou PTH (prothèse totale de genou ou de hanche).

Rééducatif : L’activité physique joue un rôle important dans la prise en charge de l’arthrose. Il permet de restaurer la mobilité articulaire, d’entretenir la force musculaire autour de l’articulation atteinte, améliore l’autonomie et la qualité de vie. Le programme d’activité physique doit aussi tenir compte de l’âge de la personne et de ses capacités.

Conclusion :

L’arthrose n’est pas uniquement retrouvée chez la personne âgée mais aussi chez les jeunes adultes. Les douleurs que l’on retrouve au sein de l’articulation peuvent provenir ou non de l’arthrose. A l’heure actuelle il n’existe pas une thérapie qui permet de régénérer le cartilage. Donc un cartilage fissuré ou perforé ne va pas se reconstruire, mais l’exercice est un traitement efficace contre l’arthrose.

Recommandations en cas de douleurs dans une articulation :

Consulter un professionnel de santé (médecin, rhumatologue, orthopédiste et/ou kinésithérapeute)

Etablir un programme d’activité physique avec son kinésithérapeute

Adopter un mode de vie actif : moins de canapé et plus de marche


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L’encadrement juridique des relations « Responsable de traitement/Sous-traitant » dans le cadre de la protection des données personnelles au Sénégal

Le développement de l’économie numérique et le recours massif aux technologies informatiques qu’il induit impliquent la collecte et le traitement massifs de données. Ce phénomène fait apparaître des acteurs divers intervenant dans le processus de traitement pendant tout le cycle de vie des données. Ledit processus va notamment de la décision de collecte, de la définition des finalités du traitement, de l’identification et la mise en œuvre des moyens de traitement, de l’adoption des mesures de sécurité, à l’adoption du choix de l’architecture technique.

Toutes ces tâches sont en principe du ressort de l’entité en charge de l’activité : le Responsable de traitement. Toutefois, une volonté d’optimisation ou des contraintes liées à un besoin d’externalisation de certaines activités, l’orientation stratégique, la taille de l’organisation ou le besoin de recourir à des solutions de Cloud Computing ont pour conséquence d’engendrer le recours de plus en plus fréquent à de la sous-traitance. En matière de protection des données personnelles, il s’agit pour un Responsable de traitement, dans le cadre de son activité, de confier un ou plusieurs traitements des données à une autre entité, le Sous-traitant, censé agir pour son compte et selon ses seules instructions.

Après une définition (I) des notions, il sera rappelé les rôles et responsabilités (II) des protagonistes, avant que ne soient abordés tour à tour, l’exigence particulière de conformité (III) du sous-traitant, le formalisme (IV) devant entourer la relation entre les parties, les contrôles à priori (V) et à postériori (VI) qu’exercent le Responsable de traitement sur le Sous-traitant et, enfin, (VII) le pouvoir particulier des grands éditeurs se positionnant en Sous-traitant.

I- Définition

La loi n°2008-12 du 25 janvier 2008 sur la protection des données à caractère personnel consacre, en son article 4, la définition légale de ces deux concepts.  Le Responsable de traitement est défini comme : « la personne physique ou morale, publique ou privée, tout autre organisme ou association qui, seul ou conjointement avec d’autres, prend la décision de collecter et de traiter des données à caractère personnel et en détermine les finalités » tandis que le Sous-traitant est présenté comme « toute personne physique ou morale, publique ou privée, tout autre organisme ou association qui traite des données pour le compte du responsable du traitement ».

A la lecture, les deux définitions laissent apparaitre la nature de la relation entre le Responsable de traitement et le Sous-traitant qui s’apparente juridiquement à un mandat.  

II- Rôle et Responsabilités des Parties.

La détermination de la nature de cette relation est essentielle pour délimiter d’une part les rôles et responsabilités de chaque partie ; et d’autre part, d’appliquer à chacune d’elles les exigences légales à sa charge. Cela permet, par ailleurs, d’encadrer plus efficacement leurs relations contractuelles.

Dans la mesure où la décision de collecter et de traiter des données à caractère personnel et d’en déterminer les finalités incombe légalement au Responsable de traitement, celui-ci a la responsabilité première du respect des obligations légales nécessaires à la protection des données personnelles. Cette considération vaut même si les obligations du Responsable de traitement peuvent incomber également au Sous-traitant de la même manière, notamment en ce qui concerne les mesures de sécurité définies par l’article 71 de la loi sus indiquée.

Malgré l’énoncé de cette communauté d’obligations, la loi n’indique pas si les deux parties peuvent être tenues solidairement responsables en cas de manquements auxdites obligations, contrairement au RGPD qui pose clairement le fondement et les conditions de cette responsabilité solidaire.

III- Conformité du Sous-traitant

La règlementation sénégalaise sur la protection des données personnelles encadre la relation de sous-traitance. En effet, conformément aux dispositions de l’article 39 alinéa 1 de la loi, lorsque le Responsable de traitement décide de recourir à un Sous-traitant, il doit d’abord s’assurer que ce dernier apporte les garanties suffisantes. Cette disposition ne précise pas la nature de telles garanties. Mais, compte tenu de l’esprit de protection de la loi, ces garanties doivent permettre d’assurer la sécurité, la confidentialité et l’intégrité des données. Ce qui, en outre, ressort de cette disposition, c’est qu’il revient au Responsable de traitement de respecter, puis de s’assurer que son Sous-traitant respecte les exigences légales applicables. Cela est d’autant plus important que depuis le 2 mai 2019, à la faveur d’une décision de sa session plénière intervenue le 15 mars 2019, la Commission de Protection des Données personnelles (CDP) assujettit la délivrance des récépissés et autorisations aux Responsables de traitement à la conformité de leurs Sous-traitants. Par Conformité, il est entendu l’accomplissement des formalités préalables[2] auprès de l’autorité de protection. Cette tâche peut s’avérer ardue pour la CDP, notamment lorsque le Sous-traitant est établi dans un pays tiers. En effet, la vérification de conformité pourrait, dans ces cas, impliquer le recueil de la preuve de conformité auprès de l’Autorité de protection du pays concerné. Or, de manière pratique, ce contrôle peut être hypothétique au moins pour deux raisons. D’une part, lorsque le pays tiers ne dispose pas de législation et d’autorité de protection. D’autre part, lorsque la réglementation applicable obéit à un régime de dispense de formalités comme c’est le cas pour les pays régis par le RGPD.

Cette difficulté contribue à réduire l’efficacité du contrôle de conformité et rallonge les délais de traitement des demandes d’autorisation. Surtout lorsqu’il n’existe aucun mécanisme de coopération entre la CDP et l’autorité du pays tiers.

C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles la CDP s’active et développe un certain leadership dans des cadres et initiatives internationaux favorisant cette coopération. C’est le cas du rôle prépondérant qu’elle joue dans le cadre du Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAPDP) ou de l’Association Francophone des Autorités de Protection des Données Personnelles (AFAPDP).

C’est également dans cette même logique de coopération que la CDP a signé, en juin 2021, un Protocole d’accord avec la Commission nationale de Contrôle de la Protection des Données Personnelles (CNDP) du Maroc dont deux des axes principaux concernent les transferts de données personnelles entre le Sénégal et le Maroc et la gestion des contrôles des traitements de données personnelles.

IV- Le formalisme Contractuel

En dehors de cette exigence de conformité formelle, la relation entre le Responsable de traitement et son Sous-traitant est autrement encadrée par la loi de 2008 précitée qui prévoit expressément un certain formalisme contractuel. Le Contrat ou l’acte écrit qui lie les Parties aura pour objet, a minima, de préciser le mandat donné au Sous-traitant, de décrire les modalités du traitement et de définir les obligations réciproques des Parties.

Par ailleurs, le Contrat ou l’acte écrit devra nécessairement indiquer que le sous-traitant n’agit que sur la seule instruction du Responsable du traitement. En conséquence, le Sous-traitant ne devrait utiliser les données à d’autres fins que celles prévues au contrat. Autrement dit, il ne doit avoir aucune utilisation pour son propre compte.  

A titre d’exemple, plusieurs prestations peuvent faire l’objet d’un Contrat de sous-traitance de traitements de données personnelles : la gestion de la plateforme technique du Responsable de traitement, l’externalisation de la relation client, l’hébergement Cloud auprès d’un Editeur tiers, la gestion de la paie, les sondages et enquêtes de satisfaction, etc.

Dans tous les cas, quel que soit le type de Contrat ou acte écrit, la nature du traitement ou l’identité des parties, il apparait que le Contrat de sous-traitance doit comporter certaines clauses essentielles pour être conforme à la loi.

Nous allons, sans être exhaustif, présenter quelques clauses qui nous semblent incontournables dans un Contrat de sous-traitance lié aux données personnelles et portant notamment sur la description du traitement, les rôles et responsabilités des parties, la confidentialité etc.

D’autres clauses, sans être expressément prévues par la loi, peuvent parfois être nécessaires. Nous les présenterons indifféremment. 

Ces deux types de clauses peuvent respectivement permettre d’effectuer d’une part, un contrôle a priori pour s’assurer en amont du respect de certains prérequis juridiques et techniques, et d’autre part, un contrôle a posteriori permettant de vérifier la conformité en cours d’exécution du Contrat. 

V- Sur le contrôle a priori du Responsable de traitement

D’abord, la clause décrivant le traitement objet de la prestation sous-traitée. Elle est essentielle en ce sens qu’elle présente de manière détaillée notamment les aspects opérationnels du traitement, les finalités du traitement, les catégories de données traitées, les personnes concernées, les moyens techniques mis en œuvre.

Généralement, dans l’architecture contractuelle, ces aspects peuvent l’objet d’une annexe au Contrat principal. Mais la technique de rédaction reste libre.

Ensuite, concernant la clause relative aux rôles et responsabilités des parties, il convient d’abord d’établir une matrice de responsabilité claire et facile à décliner sur le plan opérationnel. Elle permet de dire qui s’occupe de quoi durant tout le processus de traitement : de la collecte à la suppression en passant par l’exploitation, l’enregistrement, l’organisation, la transmission à des tiers, la conservation, l’anonymisation, la pseudonymisation, le transfert éventuel, etc.

Cette démarche permet d’affiner les obligations contractuelles du Sous-traitant en fonction des tâches qui lui sont assignées. Ces obligations devront être rédigées avec un soin particulier car elles conditionnent l’exécution conforme des prestations et fondent toute action ou recours du Responsable de traitement contre son co-contractant pour d’éventuels manquements. Elles concernent essentiellement les obligations du Sous-traitant d’assurer les prestations en garantissant la confidentialité, d’adopter les mesures adéquates pour assurer la sécurité et l’intégrité des données.

A l’évidence, une clause de confidentialité apparait comme l’une des plus importantes du Contrat de Sous-traitance car tout traitement doit se faire de manière confidentielle. Seules doivent accéder aux données, les personnes autorisées en raison de leur fonction et de leur rôle dans l’exécution des prestations. De plus, l’article 70 de loi de 2008 qui exige le choix de personnes présentant, au regard de la préservation de la confidentialité des données, toutes les garanties tant de connaissances techniques et juridiques que d’intégrité personnelle. Ces personnes devant même signer, individuellement, un engagement de confidentialité.

Enfin, dans le cas où le Responsable de traitement n’est pas un professionnel en mesure d’appréhender tous les enjeux techniques de l’opération externalisée, il est utile d’insérer une clause d’assistance, d’alerte et de conseil à la charge du Sous-traitant. Elle permet au Responsable de traitement de bénéficier en amont et durant l’exécution du Contrat, des conseils initiés du Sous-traitant sur la pertinence de ses instructions, la cohérence des moyens employés avec finalités visées, les avancées technologiques et les évolutions des règles de l’art relativement aux prestations, la coopération en cas de demandes des autorités et toute autre question sur laquelle il dispose d’une expertise propre utile au Contrat. Le sous-traitant s’engage, en particulier, à alerter le responsable de traitement s’il estime que l’une de ses instructions constitue un manquement à l’une de ses obligations essentielles.

VI – Le contrôle a posteriori du Responsable de traitement

Par ailleurs, la confiance n’excluant pas le contrôle, prévoir une clause d’audit dans le Contrat de sous-traitance nous semble primordial. En effet, au-delà de son caractère préventif voire dissuasif à l’égard du Sous-traitant, elle peut permettre au Responsable de traitement de vérifier les conditions de fourniture des prestations par le Sous-traitant et, de manière générale, que le respect des exigences légales et des obligations contractuelles à sa charge est bien assuré. Cet audit général peut, dans certains cas, s’accompagner d’audits techniques de sécurité avec des scans, tests de vulnérabilités, tests d’intrusion, audits d’infrastructure, etc. Cependant, ce droit de regard n’est pas absolu. Il devra être strictement encadré notamment par l’exigence d’une information préalable, la détermination de la périodicité, le recours éventuel à un auditeur tiers et la délimitation du périmètre audité. 

Par ailleurs, lorsque la sous-traitance implique le transfert et/ou l’hébergement de données personnelles dans l’infrastructure du Prestataire, il est essentiel d’insérer une clause de réversibilité et de prévoir dans le Contrat les modalités de sa mise en ouevre. La réversibilité intervient en principe à la fin du Contrat quelle qu’en soit la cause (résiliation anticipée, arrivée du terme contractuel, etc.). Schématiquement, elle permet au Responsable de traitement de s’assurer de la reprise des données ou de leur transfert vers un nouveau Sous-traitant. Dans certains cas, une suppression des données.

Afin d’éviter des blocages au moment de sa mise en ouevre, la clause de réversibilité peut prévoir les modalités techniques de la migration des données ainsi que les coûts additionnels associés. Le processus opérationnel pouvant être défini dans une annexe « Plan de réversibilité ».

Ces différentes clauses nécessitent souvent une bonne négociation contractuelle avec comme objectifs principaux, le respect du formalisme exigé par la loi, la conformité aux principes de protections des données ainsi que la prise en compte des droits des personnes concernées.

VII – Le pouvoir particulier des grands éditeurs

Mais cette négociation n’est pas toujours facile ou possible. C’est le cas pour certains services de grands éditeurs (Google, AWS, Microsoft) régis généralement par des conditions générales sous forme de Contrat d’adhésion. Dans ces cas, il revient au Responsable de traitement de vérifier et s’assurer que les conditions de sécurité offertes l’agréent et qu’elles répondent aux exigences de la loi sénégalaise avant d’y adhérer. Ces conditions comportent généralement des exigences sécurité assez élevées, offrant un niveau de protection adéquat. Cela dit, l’une des difficultés majeures auxquelles on peut être confronté avec ce type de contrat est qu’il prévoit souvent de fortes clauses limitatives et exonératoires de responsabilité rendant hypothétiques certaines demandes de réparation en cas de préjudice.      

Pour se rassurer et rassurer la CDP, en cas de sous-traitance impliquant un transfert dans un pays tiers, un Responsable de traitement sénégalais doit privilégier des éditeurs situés dans un pays de l’Union Européenne ou dans un Etat membre de la Convention 108[3]. En effet, ces pays sont réputés offrir un niveau adéquat de protection compte tenu des exigences du RGPD et de la Convention qui constituent des standards élevés en matière de protection.

A contrario, pour la CDP, l’hébergement dans un pays n’offrant pas un niveau adéquat peut conduire à un refus d’autorisation. De même, un hébergement aux Etats Unis peut susciter des interrogations du fait de la possibilité d’ingérence des autorités fédérales américaines grâce aux lois de surveillance qui leur confèrent des pouvoirs trop larges, de l’absence de garanties des droits des personnes concernées et du manque de réglementation dans certains Etats.

VIII – Conclusion

In fine, les parties sont libres d’organiser les obligations comme elles le décident – dans le respect de la loi – et de se rapprocher au plus près de la réalité des opérations de traitement.

Compte tenu du niveau de maturation de notre économie numérique et du degré de sensibilisation des entreprises y évoluant, le cadre légal actuel est globalement satisfaisant.

Il s’y rajoute une pratique contractuelle relativement bien sécurisée et comblant certains silences, lacunes ou omissions de la loi.

Comme toujours en droit, la pratique viendra certainement alimenter une future évolution du cadre légal de la protection et clarifier davantage les relations entre responsable de traitement et sous-traitant. En espérant que ce mouvement d’évolution ne clone pas de manière absolue les exigences du RGPD qui sont certes un standard, mais un standard parfois disproportionné au regard des spécificités de notre économie des données. 

Adama DIOUF, Juriste – Affaires et Data Protection IAPP Member

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La protection des données à caractère personnel

Entendues comme toutes informations se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable, les données personnelles sont d’une grande valeur. L’adage désormais classique sur Internet dit que « si c’est gratuit, tu es le produit », c’est-à-dire tes données ; d’autres vont jusqu’à voir dans les services gratuits sur Internet « l’équivalent du don de verroteries aux sauvages, trois siècles plus tôt ». La protection des citoyens en ce qui concerne le traitement de leurs données personnelles, que ce soit par les autorités étatiques ou par l’État, constitue un droit fondamental.

Force est de relever que le partage des données personnelles a pris une ampleur croissante avec le développement d’Internet, des réseaux sociaux, de l’e-commerce et plus généralement de tous les services proposés en ligne. Si les données personnelles constituent une information hautement valorisée, il s’agit également d’une source de danger pour les personnes à qui ses données appartiennent, lorsque leur circulation finit par leur échapper. La navigation sur Internet laisse des traces qui sont soigneusement recueillies et exploitées par les professionnels du marketing ciblé. Une fois recueillies, ces traces deviennent une marchandise qui se vend et s’achète. Tout se passe la plupart du temps à l’insu de l’utilisateur qui ignore de quelles données il s’agit, qui y a accès, si elles sont correctes et pour combien de temps elles seront conservées.

Les risques d’atteintes à l’intimité de la vie privée

Les réseaux électroniques génèrent souvent des atteintes à l’image des personnes. La e-réputation, encore  appelée  « buzz  positif »  ou  « négatif »,  désigne la manière dont quelqu’un  ou  quelque  chose  est  considéré  dans  le cyberespace. La réputation numérique est constituée des opinions  favorables  ou défavorables  sur  une  personne  ou  une  chose  prévalant  sur  les réseaux numériques.

Cette pénétration  croissante des technologies  numériques  dans  la  vie  sociale pose  des  risques nouveaux  liés  à  la  protection de l’intimité de la vie privée et à la garantie des libertés fondamentales des personnes, en raison des abus  que peuvent générer les opérations de traitement des données personnelles. Il n’y a lieu qu’à songer aux différents réseaux sociaux, type Facebook ou Twitter, auxquels beaucoup de personnes adhèrent ou encore  aux  différents  sites,  blogs,  forums  par  le biais desquels les personnes livrent souvent des informations confidentielles. Le web social repose sur le principe de l’échange actif d’informations personnelles sous forme  de  discussion.

Au Sénégal, la numérisation et la mise en ligne du fichier électoral, la généralisation de la  carte  d’identité  nationale  biométrique  ainsi  que les  initiatives d’informatisation de l’état civil posent de nouveaux  enjeux  à  la protection des données personnelles.

La protection juridique des données à caractère personnel

Il appert que toute personne a droit à l’autodétermination informationnelle et à la protection des données à caractère personnel la concernant. Ces données ne peuvent être traitées qu’à des fins et dans les conditions déterminées par la loi. En effet, la législation sur les données personnelles régit tout traitement de données personnelles de personnes physiques, donc toute information se rapportant à une personne physique identifiée ou identifiable.

Au Sénégal, la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 sur la protection des données à caractère personnel a pris pour base les principes directeurs de la réglementation des fichiers  informatisés contenant  des  données  à caractère personnel édictés par l’Assemblée générale de l’ONU en 1990 et par la loi  française  n°  78-17  du  6  janvier 1978  modifiée par  la loi  n° 2004-801  du  6  août  2004 relative à la protection des personnes physiques à l’égard des traitements de données à caractère personnel. Sous  l’angle  pénal,  la  loi  n°  2008-11  du  25  janvier  2008 portant sur la cybercriminalité a ainsi mis en place un important dispositif répressif  destiné  à  garantir  l’effectivité  du  cadre  juridique  de  la protection des personnes prévu par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008.

Egalement, il est institué une Commission de protection des Données Personnelles (CDP) du Sénégal créée par la loi n° 2008-12 du 25 janvier 2008 portant sur la protection des données à caractère personnel. Cette structure a pour mission de veiller à ce que les traitements des sonnées personnel soient mis en œuvre conformément aux dispositions légales.

La réglementation sénégalaise de la protection des données à caractère personnel étant conforme à l’Acte additionnel du 16 février 2010 relatif à la protection  des  données  à  caractère  personnel  dans  l’espace  de  la CEDEAO.

Protection des données « sensibles »

Les données sensibles sont définies comme celles relevant de l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques ou l’appartenance syndicale ainsi que les données génétiques, les données biométriques aux fins d’identifier une personne physique de manière unique, les données concernant la santé ou les données concernant la vie sexuelle ou l’orientation sexuelle d’une personne physique.

En principe, le traitement de ces données sensibles fait l’objet de mesures particulières de protection. Sauf cas particuliers, ces données ne peuvent pas être traitées. Cependant, un certain nombre d’exceptions sont limitativement énumérées par l’article 9, 2 du RGPD au nombre desquelles figurent le consentement de la personne concernée, la sauvegarde des intérêts vitaux d’une personne physique inapte à donner son consentement ou bien encore la divulgation au public par la personne concernée de ces données.

Les données de santé sont qualifiées de données sensibles. Il en découle une réglementation importante notamment destinée à garantir les conditions d’hébergement de ces données.

Afin de lutter contre la pandémie, de nombreux États mettent en place des systèmes de traçage de la population, certains de force, d’autres de manière volontaire. Ainsi, par exemple, la Chine, la Corée du Sud, Taïwan et Hong Kong ont tous fait usage de technologies numériques pour garantir le respect du confinement des personnes placées en quarantaine, soit par le biais d’applications dédiées ou grand public telles WhatsApp, soit par l’exploitation du bornage des téléphones à des antennes-relais. 

Rappel des grands principes applicables aux traitements de données personnelles

Le degré de sensibilisation aux questions de protection de données personnelles est monté à un niveau sans précédent permettant l’adoption, en Europe, du règlement général sur la protection des données (« RGPD »). Ce texte a rappelé avec vigueur les grands principes que doivent respecter les responsables de traitement.

D’abord, les données personnelles doivent être traitées de manière licite, loyale et transparente (« licéité, loyauté, transparence ») et collectées à des fins déterminées, explicites et légitimes, sans qu’elles puissent faire ultérieurement l’objet d’un traitement incompatible avec ces finalités (« finalité »). Ensuite, elles doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard des finalités poursuivies (« minimisation »). Devant être exactes et tenues à jour, il est nécessaire que les données personnelles soient conservées pendant une durée n’excédant pas celle qui est nécessaire au regard des finalités poursuivies. Enfin, leur exploitation implique la garantie de la sécurité des données, en assurant notamment leur protection contre des traitements illicites, ainsi que contre leur perte (« intégrité et confidentialité »).

Quelques droits des personnes concernées par le traitement automatisé de données

Au-delà de son droit absolu à consentir de manière libre et éclairée, la personne concernée par le traitement de ses données personnelles s’est vue reconnaître un certain nombre de droits.

On peut relever le droit à l’information impliquant le fait que des informations doivent être fournies en cas de collecte directe auprès de la personne concernée au moment de l’obtention des données mais qu’une information lui est également due en cas de collecte indirecte.

Egalement, la personne concernée a le droit de s’opposer, pour des motifs légitimes, à ce que ses données personnelles fassent l’objet d’un traitement. Par ailleurs, la portabilité des données conférant à la personne concernée le droit de récupérer gratuitement les données la concernant dans un format qui peut être réutilisé par un autre responsable de traitement.

Il convient d’ajouter le principe du droit à l’oubli qui permette à toute personne concernée d’obtenir du responsable du traitement l’effacement, dans les meilleurs délais, de données à caractère personnel la concernant.

En définitive, pour le travail comme pour les loisirs, nous utilisons sans cesse des ordinateurs reliés à Internet, des téléphones portables, des paiements électroniques de toutes sortes… pour ne citer que les applications dont les utilisateurs sont conscients. Notre smartphone permet de nous localiser en permanence grâce au GPS intégré, et d’enregistrer tous nos déplacements.

Il est désormais question d’un « Internet des objets », dans lequel tous les objets de notre environnement communiqueraient entre eux pour notre plus grand bien : le réfrigérateur deviendrait capable de gérer le stock de yaourts et d’en commander lui-même par Internet lorsque cela lui apparaîtrait nécessaire.

Ces évolutions ne sont pas sans conséquence sur le droit de la vie privée, car elles nécessitent la multiplication d’échanges de données personnelles. Ce qui appelle une protection se traduisant par la mise en place de dispositifs juridiques et institutionnels faisant état de principes et de droits reconnus à la personne concernée par le traitement des données à caractère personnel.

Khadime SENE – Educateur spécialisé

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Développement personnel : Le pardon

Il arrive que nous traversions des situations complexes, injustes, inattendues et qui impliquent la responsabilité d’un individu proche en qui on avait confiance. Ceci peut être à l’origine de nombreux problèmes interrelationnels qui affaiblissent les rapports. Des liens se sont brisés à cause des erreurs et maladresses commises et des fautes restent encore impardonnées.

Au cours d’une relation, il arrive parfois qu’on subisse des heurts, des déceptions et des trahisons qui nous obligent à reconsidérer nos engagements. Parfois, le coup peut venir de là où on s’y attend le moins, les relations sont donc biaisées et finissent par attiser une haine et une rancœur qui éloigneront les deux parties.

Peu importe qu’il y ait une séparation ou un maintien du contact, les échanges ne seront plus au beau fixe car le manque de confiance, les reproches et le désir de vengeance s’installeront et donneront une autre tournure à la relation.

Les manquements

La stabilité d’une relation est obligatoirement basée sur la confiance, l’affection, la loyauté et l’entraide. Mais il arrive qu’un ou plusieurs de ces qualificatifs manquent à l’appel et soient la cause d’importants dysfonctionnements.

Certains ont dû, par manque de loyauté, divulguer des informations confidentielles sur la vie de l’autre ou même dénigrer l’autre ou encore le trahir au travers d’actes malveillants.

D’un autre côté, le manque de sincérité ou la jalousie a entraîné certaines personnes à piéger leurs proches en déroulant un plan de haute trahison visant à détruire ou défavoriser la victime sur plusieurs aspects. 

L’absence d’affection est également à l’origine de nombreux conflits et peut entraîner un défaut d’assistance et une hypocrisie pouvant créer une situation de fausse association et une instabilité grandissante dans la relation. Cela peut même découler sur des violences physiques ou verbales qui seront nuisibles.

L’introspection

Après avoir subi et vécu une trahison ou un coup bas, la personne doit faire une analyse des bases et fonctionnements de sa relation avec l’autre pour pouvoir détecter la faille et en tirer une leçon.

En effet, une trahison non décortiquée pousse la victime à la haine et à l’aggravation de sa vulnérabilité car elle pourra être réfractaire aux nouvelles relations à cause de la peur de revivre la même situation.

D’autres se culpabiliseront car ils se sentiront incapables de pouvoir bâtir une relation stable ou de pouvoir entretenir une relation saine. Et de ce fait, leur estime de soi en prend un sacré coup.

Pour éviter toutes ces conséquences liées à l’interprétation hâtive et non fondée, il faudrait axer sa réflexion sur les 4 points ci-après afin de décortiquer la réalité et de mieux comprendre les causes : (1) Les fondements de la relation, (2) Les niveaux d’implication de chacun, (3) Les conséquences de l’acte subi, (4) Les solutions pour aller de l’avant.

Les analyses nous renvoient à plusieurs conclusions mais parmi toutes, il est important de noter que les vicissitudes de la vie, nos différentes perceptions, nos personnalités parfois opposées et nos capacités relationnelles fondent nos comportements et nous poussent à avoir des réactions différentes dans la pratique de tous les jours.

Les considérations utopiques

Notre personnalité évolue en fonction des expériences que nous vivons mais surtout, de la façon dont nous les traitons. Conserver les mauvais souvenirs et les relater en boucle pour se victimiser maintient la personne dans la négativité.  

Il convient donc d’explorer la notion du pardon pour envisager un enchaînement positif des évènements. Le pardon ne consiste pas forcément à oublier car une partie de l’histoire vécue doit servir de leçon pour permettre à la personne de ne plus vivre la même situation.

Pardonner ne signifie pas non plus se réconcilier ou réintégrer l’autre dans sa vie car chacun maîtrise ses capacités de tolérance et d’accointance.

Il n’est pas non plus recommandé d’activer le pardon quand on n’est pas encore prêt ou de pardonner sous réserve que la partie adverse subisse un karma. Sinon, ce sera un pardon artificiel qui continuera de ronger la personne tant que le souhait ne sera pas exaucé.

D’un autre côté, en vouloir à l’autre et lui souhaiter du mal assombrit notre vision et nous pousse à être amer et nuisible car garder une haine au fond de soi détruit l’existence à petit feu et peut être la cause d’une importante transformation de la personnalité.

La pratique du pardon

Pardonner est indispensable après une injustice ou une déception car il permet à la personne de poursuivre l’aventure de la meilleure manière possible et de ne pas accepter que les actes malintentionnés d’une autre personne entravent son bien-être.

Pardonner consiste à éliminer la rancœur, à continuer d’agir selon ses convictions et à être bienveillant et ouvert à toute bonne expérience qui se présentera.

Le pardon permet à la personne de se surpasser, de renforcer ses capacités mentales et de résolution des conflits mais aussi et surtout de se décharger pour analyser ses défaites, situer ses responsabilités et régler ses conflits internes afin de ne pas être prisonnier de ses pulsions négatives.

Enfin, pardonner permet de stabiliser sa paix intérieure pour évoluer avec plus d’expérience et d’espoir tout en restant soi-même face aux événements à venir. Il s’acquiert au fil du temps, lorsque la personne sera prête à comprendre et à tirer un trait sur le passé.


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Conseils santé et astuces pour être en forme: « STOP aux résolutions prises et aussitôt oubliées. »

Nous sommes nombreux, à souvent nous promettre de prendre soin de notre corps afin d’être en forme et éviter certaines maladies dites chroniques comme l’hypertension artérielle et le diabète. En effet, ces maladies deviennent de plus en plus un problème réel de santé publique. Cependant, avant de continuer, j’aimerais que nous revisitions ; la définition de la santé.

Vous l’aurez deviné : je ne suis pas malade ne veut pas forcément dire, je suis en bonne santé !

Qu’est-ce que la santé ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Ainsi, je vous invite tous en ce nouvel an de vous approprier les quelques conseils et astuces suivants pour garder une bonne santé physique, mentale et sociale.

Conseils et recommandations

Mangez moins gras, moins salé et moins sucré.

A- Surveillez votre alimentation : L’alimentation joue un rôle fondamental dans le bien-être et la santé. Il est recommandé de réduire sa consommation de sel, sucre raffinés et acides gras saturés (viande, produits laitiers) et de plutôt privilégier les acides gras insaturés (poissons gras, huiles végétales), les céréales complètes et bien sûr, les fruits et légumes.

Au moins une activité sportive de 30 à 45 min, 3 fois par semaine.

B- Pratiquez une activité physique régulière : L’activité physique est connue pour aider à garder la ligne, mais ses bienfaits ne s’arrêtent pas là. En effet, le sport favorise la longévité, aide à réduire les risques de maladies chroniques et améliore la santé mentale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la sédentarité est considérée comme le quatrième facteur de risque de décès dans le monde. A défaut de pratiquer un sport régulièrement, il est conseillé de marcher 30 minutes par jour à un rythme soutenu.

La sensation de soif étant déjà le signe d’une déshydratation, pensez à boire tout au long de la journée.

C- Buvez plus d’eau :  Le corps d’un adulte est composé à 60% d’eau. Tous les jours, il en dépense en moyenne plus de 2 litres. Mais beaucoup de personnes oublient de boire suffisamment. Il est bon de rappeler que certains aliments (fruits et légumes) hydratent le corps, tandis que d’autres (alcool) le déshydratent. Il est recommandé de boire 1.5 à 2 litres d’eau par jour minimum.

Une fois couché, oubliez tout appareil électronique (surtout le portable)

D- Dormez mieux : Le sommeil est crucial pour de nombreuses fonctions biologiques.

En moyenne, un adulte a besoin de 7 à 9 heures de sommeil par nuit. Pour vous aider à mieux dormir, il est conseillé de baisser la luminosité ambiante avant de dormir, de manger léger le soir pour faciliter la digestion, d’éviter le café et le thé après 17 heure, de pratiquer une activité physique dans la journée et d’avoir une literie confortable.

E- Prenez le temps de vous détendre : La vie moderne est source d’un grand stress pour beaucoup de personnes, lequel a un effet extrêmement néfaste sur la santé. Il est donc fortement recommandé de s’accorder des pauses dans ce rythme de vie. Une sieste, de la lecture ou regarder un film est bénéfique pour votre santé.

F- Sortir et voir du monde : Nous sommes des êtres sociables. Partager des moments avec d’autres personnes permet de se créer une identité et d’améliorer sa santé physique et mentale. Voir du monde, c’est utiliser son cerveau et son corps pour échanger, rire, prendre l’air… Cela évite grandement les risques de dépression. Il est conseillé par exemple de faire partie d’un club, d’une association ou d’une équipe de sport !

G- Ayez une attitude positive : Garder une attitude positive a un réel impact sur la santé et le bien-être. Le cerveau doit aller de l’avant, avoir des objectifs, des défis… Avoir un but ou une activité qui nous tient à cœur donne un sens à notre vie, est excellent pour le moral et réduit les risques de dépression.

La cigarette électronique ou la chicha c’est encore pire.

H- Evitez le tabac : On ne vous apprend rien, le tabac est très nocif pour la santé. Il est responsable de nombreux troubles et multiplie les chances de déclarer une maladie grave. L’espérance de vie diminue drastiquement, le corps s’intoxique et s’épuise.

Si arrêter de fumer n’est pas simple, cela constitue une étape déterminante vers une meilleure santé.

I- Remplacez le café par le thé : Plus facile à faire pour certains que pour d’autres, remplacer tous les matins le café par le thé (notamment le thé vert) est une solution simple et quotidienne très bénéfique pour la santé. En effet, le thé est bien plus riche en antioxydants, qui permettent de prévenir les maladies cardiovasculaires, certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement.

J- Limitez la position assise au travail : La sédentarité favorise les problèmes de santé tels que l’obésité ou les maux de dos.

Le travail de bureau amène souvent à rester assis des heures durant. Il est important de se lever au moment de la pause déjeuner, de prendre des pauses régulières et de se déplacer. Ces pauses dans la journée permettent non seulement de limiter les dégâts de la sédentarité, mais aussi d’améliorer la concentration !

Dr Benjamin NDOUR

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Santé : La prévention des chutes chez la personne âgée

Les chutes représentent un problème considérable pour les patients et les systèmes de santé. Compte tenu du vieillissement de la population dans le monde, l’incidence des chutes continue d’augmenter. La chute après une perte de l’équilibre est un phénomène très fréquent chez la personne âgée et il intervient souvent lors de la marche en présence d’un élément extérieur qui la provoque.

Selon les données de l’OMS, les chutes sont la deuxième cause mondiale de décès par blessure accidentelle, d’où l’importance de la prévention. Environ 30% des personnes de plus de 65 ans et 50% de plus de 80 ans chutent au moins une fois par an. Les capacités d’adaptation à la chute sont meilleures chez les personnes âgées actives et dynamiques que chez les personnes âgées dépendantes. Les femmes ont un risque de chute plus élevé que les hommes avec un pourcentage plus élevé de fractures de hanche. L’une des conséquences les plus observées après une chute est la perte d’autonomie qui devient un handicap chez la personne âgée.

Facteurs de risques :

L’étiologie des chutes est multifactorielle. L’âge (plus de 80 ans), et l’histoire d’une chute précédente sont les marqueurs les plus utilisés.  Selon la haute autorité de santé (HAS) le risque de chute augmente avec :

  • le nombre de maladies spécifiques telles que la maladie d’Alzheimer,
  • les troubles locomoteurs et neuromusculaires (force diminuée au niveau des hanches, genoux, chevilles),
  • les troubles de la marche (anomalies et vitesse) secondaire à une maladie de Parkinson, à un accident vasculaire cérébral (AVC),
  • un équilibre postural et/ou dynamique altéré avec en particulier un problème au niveau des pieds modifiant la stabilité habituelle,
  • une réduction de l’acuité visuelle,
  • une prise de plusieurs médicaments.
  • Les facteurs de risques environnementaux : le carrelage est très dangereux pour les sujets âgés qui ont tendance à glisser et à tomber. La majorité des chutes se font dans les toilettes.
  • Les facteurs de risques sociaux : par exemple en Afrique les sujets âgés font moins de chute en journée car ils sont toujours entourés. La chute intervient beaucoup la nuit ou lors de la toilette. Contrairement dans les pays développés où les personnes âgées vivent seules le plus souvent et les tâches sont faites par elles-mêmes. L’habillement rentre également en jeu en Afrique car la plupart du temps et surtout chez les femmes âgées les vêtements sont amples et trainent au sol d’où le risque de marcher dessus et de chuter.
  • On peut aussi noter les facteurs comportementaux comme la consommation d’alcool, la sédentarité et la malnutrition.

Afin d’évaluer le risque dans la population âgée il est nécessaire de réaliser quelques tests en cours de consultation :

  • Time up and go : aide à déterminer en 20 secondes le risque de chute. Le patient doit se lever d’une chaise et marcher 3 mètres, faire demi-tour pour revenir s’asseoir. Il permet d’apprécier l’équilibre, la force musculaire des membres inférieurs, la vitesse de marche, les capacités de compréhension des consignes relativement simple.
  • Tenir en équilibre sur une jambe : tenir au moins 5 secondes.
  • Poussée sternale : un déséquilibre à la poussée est prédicteur de risque de chute.
  • Walking and talking test : les personnes âgées fragiles s’arrêtent de marcher lorsqu’elles sont sollicitées sur un autre domaine d’attention.

Prévention des chutes :

Les conséquences de la chute de la personne âgée sont multiples.  Les chutes sont la première cause de fracture chez la personne âgée. Elles peuvent être sévères avec des hospitalisations et des risques de complications.

Les fractures les plus courantes sont celles du poignet, de l’humérus (du bras),  du col du fémur.

Le syndrome post-chute est caractérisé par une réduction de l’activité, une perte de la masse musculaire, des difficultés à se déplacer conduisant à une perte d’autonomie.

L’activité physique constitue l’un des principaux moyens de prévention des chutes chez la personne âgée.

Un programme d’exercice même modéré de réentrainement de la force et de l’équilibre réduit considérablement le risque de chute par une amélioration de la mobilité, de la force musculaire et une meilleure préservation des fonctions physiques et mentales.

Dans une étude du 11 novembre 2021 de Michal Elboim Gabyzon l’entrainement par intervalles en haute intensité améliore la capacité fonctionnelle, la puissance musculaire et les performances physiques chez les personnes âgées avec et sans comorbidités.

Le programme d’exercice peut comporter :

(1) Du renforcement musculaire analytique et fonctionnel; (2) De la marche quotidienne d’environ 30 minutes; (03) Du travail d’équilibre; (4) De la lutte contre les appréhensions.

Toutes ces formes de travail permettent aussi un vieillissement en bonne santé.

Conclusion :

Il n’y a pas de consensus par rapport aux types exercices permettant de prévenir le risque de chutes. Le plus important est de pratiquer une activité physique régulière même modérée. Les exercices à haute intensité sont aussi prescrits. Il faut aussi adapter l’habitat de la personne âgée (vérifier que les rampes sont bien résistantes si les chambres se trouvent à l’étage), faire attention à l’état du sol (ne pas laisser trainer des objets qui vont faire trébucher, le sol ne doit pas être mouillé surtout s’il y a du carrelage) et faire attention à l’éclairage des pièces !

Vincent M. SYLLA – Kinésithérapeute du Sport

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Développement personnel : Sois ton propre choix !

Les standards de beauté, d’appartenance et de reconnaissance nous ruent vers des stéréotypes et actions qui influencent nos visions et modes de vie. Nous avons tendance à nous obstiner dans une recherche accrue et rude de la bonne image qui nous ferait rejoindre le cercle des « belles personnes », des personnes ayant les « bons comportements » ou encore des personnes majoritairement acceptées.

Nos sociétés ont défini un bon nombre de critères qui octroient plus d’atouts à certains qu’à d’autres. Ces considérations peuvent être mises en avant aussi bien sur le plan esthétique, social, racial que religieux.  Partant de ces critères, certains vont jusqu’à sacrifier leur existence pour faire partie de la norme ou tout simplement s’exclure et sombrer à cause des diktats.

Les considérations

Les croyances et jugements mettent en avant des attributs physiques, moraux ou comportementaux qui auront tendance à stigmatiser et auto-exclure une frange de la population qui ne se retrouvera pas dans les clichés.

• Sur le plan esthétique : Des normes de beauté ont été plébiscitées et les différentes représentations de la mode et de la beauté au niveau mondial mettent en avant les caractéristiques définies pour hisser les modèles choisis comme étant les plus beaux.   

• Sur le plan de l’appartenance : Dans certaines parties du monde, il existe différentes classifications de la population qui, selon leur descendance, pourront se voir attribuer les titres de noblesse, de bourgeois… Ou cette appartenance pourra encore leur faire suivre la religion qui leur sera destinée. Et en fonction de la position géographique, ces caractéristiques peuvent représenter une faiblesse car les réalités feront que certaines appartenances seront considérées comme étant les meilleures et d’autres seront marginalisées.

• Sur le plan racial : Nos couleurs de peaux représentent nos premières différences visibles à l’œil nu mais cela ne s’arrête pas là car nos habitudes et cultures viennent creuser l’écart et créer les refus d’acceptation pouvant aboutir au racisme et créer des préjugés visant à considérer telle ou telle autre communauté comme étant tous tributaires d’actes malveillants ne pouvant être généralisés à tous.

• Sur le plan social : On dira que les personnes qui ont une certaine personnalité et une certaine souplesse relationnelle sont meilleures. Plus encore, les personnes renfermées ou réservées peuvent être victimes de leur tempérament et critiquées dans leur façon d’être car elles auront été différentes de « la norme ».

L’impact

Nous vivons dans un monde disparate, pluriel et multidimensionnel, nous n’avons donc pas les mêmes idéologies, ni les mêmes morphologies et encore moins les mêmes croyances. De ce fait, les choix doivent être multiples et non restrictifs.

Mais, les faits sont là et l’idéalisation existe et a été prônée par nos aïeux. Cependant, nous nous rendons compte, au fur et à mesure de la précarité de la méthode.

En effet, certains viennent au monde en étant déjà condamnés à faire partie de ceux qui sont vus comme étant les plus faibles ou encore les moins adulés. Ils vivront en étant tout le temps critiqués, rabaissés, jugés, … juste parce qu’ils ont cette particularité que l’humain a voulu assombrir.

En fonction de la personnalité et de la force des personnes, les réactions ne sont pas les mêmes. Certains stigmatisés ont pu en faire fi et trouver leurs voies mais d’autres ont dû tout remettre en cause pour évoluer dans ce milieu opaque et hostile à plusieurs niveaux.

Les préjugés sur le plan esthétique ont créé un mal-être chez certaines personnes qui sont en recherche perpétuelle de l’image idéale et standardisée, et qui peuvent parfois recourir à des méthodes néfastes qui mettront en danger leurs vies.

Sur d’autres plans, la stigmatisation peut entraîner l’éloignement, la fuite, le déni d’appartenance ou encore attiser la haine entre communauté.

Les résolutions

Avec la modernisation et les niveaux de vie qui évoluent au même rythme et à différentes échelles au fil des générations, nous nous rendons compte que nous nous valons tous. Les jugements et rejets ne sont plus réellement valables même s’ils existent toujours chez certains qui veulent toujours marquer la différence.

Toutefois, nous ne sommes plus à l’ère de la victimisation ou de l’acceptation aveuglée de normes non réglementées, par conséquent la seule riposte pour subsister dans cette jungle stéréotypée est de se protéger et d’assumer sa façon d’être en dépit des règles archaïques.

Pour se faire, la personne doit apprendre à se connaître pour identifier son appartenance et accepter son profil. Ensuite, il convient de faire de sa situation la plus adaptée à son vécu afin de ne pas avoir de remords face à la critique.

S’adapter à son profil permet de ne plus être à la recherche constante des causes de son rejet et d’éviter de sombrer dans une déprime uniquement basée sur des critères intrinsèques dont on ne peut se départir.

D’habitude, on devient faible quand on se sent en position d’infériorité ou quand on perd espoir ou encore quand nous apportons trop d’importance aux jugements. Il est donc important de se valoriser, de définir ses propres règles et de se laisser séduire par sa personne afin d’être son choix parmi tous. Car après tout, le cycle de vie de l’humain va de la naissance à la mort avec la vie tout au long du trajet donc on ne naît pas pour plaire mais plutôt pour vivre !

Coach Fatouma Seck Diagne – Directrice de LA TOUCHE

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Entretien portrait

Fatoumata NIANG est Fleet Card Project Manager au sein de TotalEnergies. Dans cette interview accordée au magazine, la Franco-sénégalaise est revenue sur son parcours du Lycée Jean Mermoz de Dakar à TotalEnergies en passant par la Corée du Sud, Macao et l’Université Paris Dauphine. Fatoumata a bien voulu également nous présenter sa fonction actuelle, Totalenergies en plus d’adresser des messages aux Jeunes en quête de vocation.

Qui est Fatoumata NIANG ?

Tout d’abord bonjour et un grand merci à Biramawa magazine de me donner la parole aujourd’hui. Je suis ravie.

Je me présente. Fatoumata Niang, jeune franco-sénégalaise. Je suis née en France mais j’ai grandi au Sénégal jusqu’à mes 17 ans. Après l’obtention de mon baccalauréat en Juin 2014, je suis partie à l’étranger pour mes études. Je suis revenue au Sénégal en Décembre 2019. Je suis actuellement Fleet Card Project Manager chez TotalEnergies.

Ma citation préférée est « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement. » de Martin Luther King. Je me répète cette phrase au quotidien, c’est un moyen pour moi de trouver la motivation de réaliser mes rêves et mes projets.

N’ayez pas peur de vous tromper. 

Quelles sont les grandes lignes de votre parcours de formation et professionnel ?

J’ai obtenu mon baccalauréat scientifique au Lycée Français Jean Mermoz de Dakar. Par la suite, j’ai intégré l’école de commerce & management Neoma Business School dans le cadre d’un Bachelor of Science (Bsc) in International Business. C’est une formation qui s’adresse aux étudiants s’intéressant à l’international, l’environnement économique mondial, la gestion de projets ou encore l’entrepreneuriat. J’ai,dans le cadre de cette formation vécu un an en Corée du Sud et six mois à Macao. Une fois mon Bachelor terminé, j’ai intégré l’Université Paris Dauphine en « Master 2 International Business and New Communication Technologies Projects ». En combinant cours et expérience professionnelle, ce programme vise à fournir aux étudiants des connaissances et des compétences en gestion de projet dans un contexte international, nouvelles technologies et innovations numériques. C’est dans le cadre de cette formation que j’ai intégré TotalEnergies en alternance.

J’ai rejoint TotalEnergies en septembre 2018 en tant qu’alternante Business Analyst Afrique au sein de la direction Afrique – Marketing Réseau et Digital, dans le département Marketing Carte et Mobilité. Après 14 mois, j’ai pris la fonction de Fleet Card Project Manager toujours au sein de la même direction et du même département, que j’occupe actuellement depuis près de deux ans.

Vous êtes actuellement Fleet Card Project Manager au sein de TotalEnergies. Que pouvez-vous nous dire sur TotalEnergies ?

TotalEnergies est une compagnie multi-énergies mondiale de production et de fourniture d’énergies : pétrole et biocarburants, gaz naturel et gaz verts, renouvelables et électricité. Ses 105.000 collaborateurs s’engagent pour une énergie toujours plus abordable, plus propre, plus fiable et accessible au plus grand nombre. Présent dans plus de 130 pays, TotalEnergies inscrit le développement durable dans toutes ses dimensions au cœur de ses projets et opérations pour contribuer au bien-être des populations.

Une chose qui m’a frappée lorsque j’ai rejoint TotalEnergies et qui me plait beaucoup dans mes activités au quotidien c’est la diversité des profils qui composent les équipes. Il faut savoir qu’il y a près de 160 nationalités différentes au sein de la Compagnie. C’est une réelle source de richesse.

Qu’est-ce qui justifie votre choix pour le secteur de pétrole et de l’Energie ? Quel est votre ressenti ?

C’est une très bonne question. Je ne sais pas pourquoi mais depuis mon plus jeune âge j’ai toujours été attiré par le secteur de l’énergie. Lorsque j’étais plus jeune, j’adorais accompagner les adultes mettre de l’essence en station (rire). 

TotalEnergies est une compagnie multi-énergies mondiale de production et de fourniture d’énergies : pétrole et biocarburants, gaz naturel et gaz verts, renouvelables et électricité.

Comment décririez-vous votre fonction de Fleet Card Project Manager ? De quoi s’agit-il ?

Je suis responsable du déploiement de la nouvelle solution cartes de la Compagnie dans 13 pays d’Afrique : Mali, Togo, Zambie, Ile de la Réunion, Mayotte, Sénégal, Cote d’Ivoire, Burkina Faso, Tchad, Guinée Conakry, Niger, Guinée Equatoriale et Mauritanie. En lien avec plusieurs équipes, je dois m’assurer du bon déroulement des phases de déploiement et de la bonne coordination du projet, de la phase d’étude au go live.

Votre journée type ?

Dans ma fonction, il y a deux journées types : celle quand je suis au bureau à Dakar et celle quand je suis en mission dans les différents pays. Au bureau, ce sont principalement des échanges avec les filiales et les équipes du siège qui rythment la journée donc beaucoup de réunions. En mission c’est un mélange entre des points en interne avec les collaborateurs de la filiale dans laquelle je me déplace et des points sur le terrain avec les opérationnels.

D’après-vous quels sont les prérequis et qualités intrinsèques à cette fonction ?

Selon moi, il faut : (1) une/des expérience(s) commerciales/marketing et en techniques monétiques, (2) un esprit d’analyse et de synthèse, (3) un esprit d’équipe et faire preuve d’ouverture internationale, (4) un sens de l’anticipation et de l’innovation, (5) savoir parler couramment le francais et l’anglais.

Quels sont les meilleurs aspects de votre profession ?

De mon point de vue, ce qui rend la fonction de Fleet Card Project Manager très agréable est l’humain. Les échanges sont nombreux et avec des personnes d’origines différentes. Quelle richesse !

Rencontrez-vous des difficultés ?

Je ne rencontre pas de difficulté spécifique. En revanche, comme dans toute gestion de projet, il y a des difficultés auxquelles nous devons faire face au quotidien comme la gestion des plannings, la charge de travail parfois importante etc… Mais cela reste minime et gérable.

Ma citation préférée est « Croyez en vos rêves et ils se réaliseront peut-être. Croyez en vous et ils se réaliseront sûrement. » de Martin Luther King.

Quels sont vos conseils pour vos cadets qui souhaitent exercer la même profession que vous ?

La persévérance. Comme Michael Jordan le disait, « J’ai raté plus de 9000 tirs dans ma carrière. J’ai perdu presque 300 matches. A 26 occasions, j’ai raté la possibilité de faire gagner mon équipe sur un dernier panier gagnant, que j’ai manqué. J’ai échoué encore, encore et encore… et c’est précisément pourquoi j’ai réussi. » 

Pour changer de registre, au-delà de votre vie professionnelle, quels sont vos hobbies ?

Je suis passionnée de voyages avec plus de 30 pays à mon actif.

Biramawa vous remercie. Votre mot de la fin ?

Je souhaite finir cet entretien portrait par un mot aux jeunes, qui viennent d’obtenir leur baccalauréat et réfléchisse à leur avenir, ou encore ceux qui sont en cours d’études supérieures : n’ayez pas peur de vous tromper. Il est difficile en étant jeune de savoir exactement ce que nous aimons et nous souhaitons faire pour le restant de notre vie. Alors donnez vous la chance de voir le maximum de choses pour faire le bon choix. S’épanouir dans son travail au quotidien est une priorité et c’est d’ailleurs selon moi la clé de la réussite. Croyez en vous et vous y arriverez, personne n’est meilleur qu’un autre.

Un grand merci à toute l’équipe de Biramawa magazine !


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Entretien exclusif

Mame Rokhaya LO est la première femme commandant une FPU sénégalaise (Unité de force de police) au niveau de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo). Elle est également la première et la seule femme pilote dans la gendarmerie du Sénégal mais surtout dans l’armée sénégalaise. Dans cette interview accordée au magazine, elle est revenue notamment sur son parcours, son choix pour la gendarmerie nationale sénégalaise et surtout sur le rôle majeur que doivent jouer les femmes au sein de nos forces de Défense et de Sécurité.

Qui est Mame Rokhaya LO ?

Mame rokhaya LO est un officier de la Gendarmerie Nationale sénégalaise mariée et mère de 2 enfants.

 Rien ne se donne, il faut se battre et croire en ses rêves. 

Pourriez-vous revenir sur les grandes lignes de votre parcours de formation ?

Titulaire d’un bac scientifique S2, je suis un produit de l’école publique sénégalaise (CEM Tijani pikine, Lycées Limamoulaye et Delafosse).

En 2011, j’ai intégré la Gendarmerie par voie de concours en admission sur titre avec un master 2 en commerce et management des affaires internationales (Faculté des sciences économiques et de gestion, Université Cheikh Anta DIOP).

J’ai effectué plusieurs formations militaires au sein de l’institution et une formation en pilote d’avion ultra léger.

Sur autorisation du commandement, j’ai fait cette année un master 2 en Genre et consolidation de la paix à la Faculté des sciences juridiques et politiques, UCAD.

Qu’en est-il de votre parcours professionnel ?

A l’issu de la ma formation, j’ai servi 1 an à la compagnie de Rufisque comme officier adjoint avant de réussir un concours pour devenir pilote . J’ai fait 5 ans à la section aérienne dont 2 ans et demi comme chef de la section.

En juin 2019, j’ai été affectée à l’état-major comme chef de la division admission mobilisation cumul division genre.

Depuis janvier 2020, je suis devenue chef de la division du Genre et de la Mixité.

Depuis Novembre 2021, j’ai rejoint la Monusco comme commandant de la SEN FPU 2.

Je suis un produit de l’école publique sénégalaise.

Pourquoi avoir porté votre choix sur la gendarmerie?

C’est une institution qui m’avait marqué depuis mon enfance lors du grand  Magal  de Touba. Après mes études, je me suis tournée vers cette institution remplie de valeurs même si ce n’était pas un rêve d’enfance.

Et si c’était à refaire ?

Je vais encore choisir la Gendarmerie.

Vous êtes la Commandante de la Sen FPU 2 au niveau de la MONUSCO. Nos vives félicitations et encouragements!

Merci beaucoup c’est un honneur !

En tant que première femme commandant une FPU Sénégalaise, que pensez-vous de la présence des femmes dans les missions de la paix?

La présence des femmes dans les missions de paix est une très bonne chose car elles doivent contribuer à la consolidation et au maintien de la paix. Les femmes Casques Bleus apportent une dimension supplémentaire qui se matérialise par notamment leur capacité à comprendre et à accompagner les femmes et jeunes filles, victimes d’abus. Elles sont également source de motivation et d’inspiration pour ces dernières à tel point que certaines d’entre elles finissent par s’engager dans les rangs de la police de leurs propres pays.

Quelles sont vos missions au quotidien ?

Conformément au mandat de la Monusco :

  1. Contribuer à la protection des civils (patrouilles, sensibilisation, etc.) ;
  2. Protéger le personnel et les biens des Nations Unies ;
  3. Appuyer la stabilisation et le renforcement des institutions de l’état en république démocratique du Congo ainsi que les principales réformes.

L’implication des femmes dans les secteurs de la défense et de la sécurité ne doit pas s’inscrire dans une démarche de réparation ou de compensation…

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre nouvelle fonction ?

Le fait de savoir que je peux participer à la recherche de solutions pour une paix durable. J’ajouterais qu’ en occupant cette fonction, je peux inciter les femmes à y croire..

Mère de famille et Commandante d’une FPU de la MONUSCO : Est-ce aisé de concilier les deux ?

Avec l’aide de la famille, on arrive à concilier les deux, mais c’est aussi des sacrifices à faire.

Considérez-vous qu’il doit y avoir plus de femmes sous les drapeaux ? Si oui pourquoi ?

Oui car l’implication des femmes dans les secteurs de la défense et de la sécurité ne doit pas s’inscrire dans une démarche de réparation ou de compensation comme pour corriger une injustice mais plutôt s’inscrire dans une démarche de développement et être perçue comme une VALEUR AJOUTEE aux capacités et à l’efficacité des Forces Armées.

Je dirais aux femmes de croire en leurs potentiels et de briser le plafond de verre.

Quels sont vos conseils à l’endroit des femmes qui souhaitent s’engager dans l’armée ?

Je dirais aux femmes de croire en leurs potentiels et de briser le plafond de verre. Elles ont leur rôle à jouer pour faire face aux impératifs sécuritaires.

Votre message à l’endroit des jeunes en quête de vocation ?

De ne pas baisser les bras car l’avenir appartient à la jeunesse. Rien ne se donne, il faut se battre et croire en ses rêves.


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Développement personnel : L’attachement sécure

Les déceptions et trahisons peuvent pousser la personne à se renfermer sur elle-même et à devenir asociale pour se protéger de l’extérieur. En effet, l’expérience nous modifie au fil des années et nous devenons cette personne qui a été un pur produit de son parcours. Mais il est important de souligner que les relations humaines sont indispensables dans une existence, par conséquent, nous pouvons limiter notre fréquentation et être sélectif mais avoir un attachement sécure apporte un bien-être et nous tranquillise.

L’attachement sécure consiste à développer son sentiment interne de sécurité envers une personne et débute durant l’enfance où il est représenté par l’attachement du bébé à sa maman. Il se matérialise donc par l’apaisement que nous avons quand nous sommes à côté d’une personne de confiance.

Les manifestations de l’attachement sécure

L’attachement sécure consistera à identifier ces personnes en qui nous avons confiance et qui nous aident à grandir et à nous affirmer, pour en faire nos alliés. Les interactions avec ces personnes de notre entourage permettent à tout un chacun de sentir l’amour, l’affection et les motivations de l’autre.

Avoir un attachement sécure ne signifie pas que la personne n’aura pas sa propre personnalité pour évoluer efficacement dans son monde, au contraire, la personne qui développera cet attachement poursuivra son chemin avec stabilité et sérénité tout en sachant où aller et vers qui se tourner en cas de difficultés.

L’attachement sécure se développe en quatre étapes :

  • le regard d’empathie porté sur l’autre
  • La sécurité qui consiste à protéger l’autre du danger et à ne pas poser d’actes malveillants
  • L’apaisement et l’affection donnés pour aider l’autre à braver les difficultés
  • L’accompagnement indéfectible pour permettre à la personne d’évoluer

Ces éléments contribuent à l’appréciation de la personne à l’attachement sécure car ils représentent les piliers d’une relation forte et agréable qui sera basée sur la confiance et la complémentarité.

En amour, l’attachement sécure est l’idéal car il procure un sentiment de satiété dans la relation. En plus des autres bienfaits de la relation amoureuse, l’attachement sécure apporte la confirmation d’être avec la bonne personne qui nous soutiendra envers et contre tous.

Les apports bénéfiques

L’attachement sécure nous procure le sentiment d’être épaulé, aimé et accompagné, il nous permet d’affronter les situations les plus compliquées et d’en sortir vainqueur car le sentiment d’appartenance est une force inouïe et non négligeable dans la recherche d’une vie équilibrée.

Prenons l’exemple d’un enfant qui a développé un attachement sécure pour sa maman, il pourra tout faire devant elle et manifeste sa joie dès qu’il la voit. Il réalisera des exploits et arrivera à vaincre sa peur quand il sait qu’elle est à côté car il a la certitude qu’elle le défendra et le protégera en toutes circonstances.

Les avantages de l’attachement sécure se manifestent de la même manière chez l’adulte qui, en sachant qu’il a développé son attachement envers une personne, pourra aller au-delà de ses limites et oser les expériences car il saura qu’il y aura une personne de confiance qui sera toujours prête à l’épauler quels que soient les problèmes rencontrés.

D’un autre côté, l’attachement sécure renforce notre positivité puisque la compagnie des personnes appréciées et qui nous apportent du bonheur impacte nos humeurs et nous pousse à développer notre sécurité intérieure.

Les erreurs à éviter

Compte-tenu de l’implication et de l’apport de l’attachement sécure, il convient de faire attention à son choix pour éviter d’être la victime d’une personne malintentionnée et manipulatrice.

En effet, parfois la naïveté peut nous pousser à avoir une confiance totale en quelqu’un de notre entourage qui, malheureusement ne cochera pas toutes les cases. Mais notre souhait d’en faire notre personne de confiance nous aveuglera.

Ces erreurs peuvent perturber nos vies car nous serons sous la dépendance d’une personne à l’attachement insécure qui déstabilisera notre mode de fonctionnement. Les conséquences d’un mauvais choix peuvent entraîner de graves répercussions pouvant aller jusqu’à la perte d’estime de soi, la dépendance affective, la dépression, les déceptions, …

Il convient donc de ne pas mettre en avant les intérêts et la subjectivité dans son choix qui ne doit pas forcément être orienté vers les personnes qui nous attirent, ni les personnes qui sont autour de nous et que nous fréquentons le plus du fait de nos obligations et intérêts.

Comment choisir son attachement sécure

Le choix de son attachement sécure se fait progressivement en fonction des signes et critères qu’on reçoit, nous ne devrons pas faire un choix basé sur des critères personnels.

L’attachement sécure est un concept qui se développe en fonction des différentes étapes prédéfinies et qui doivent être manifestées par la personne en face. C’est la personne qui nous apporte son soutien et qui manifeste des intérêts sains et sincères qui doit mériter cet attachement.

Faisons donc la part des choses dans notre choix et identifions les personnes à l’attachement sécure de notre entourage. Nous pourrons les distinguer ainsi :

  • Elle sera toujours disponible
  • Elle sera impliquée dans nos problèmes pour nous aider à les résoudre
  • Elle sera de bons conseils
  • Elle sera à proximité et ne sera pas ennuyée par notre compagnie
  • Nous n’aurons pas une relation conflictuelle ou basée sur des intérêts
  • Elle essaiera de nous comprendre
  • Elle savourera nos succès et nous aidera à être fort

L’attachement sécure nous stabilise car dans cette relation, nous savons l’écouter et il sait comment nous parler.

Coach Fatouma SECK DIAGNEDirectrice de La Touche